Au Costa Rica, le choix du véhicule de location conditionne tout le reste du voyage. Certaines régions se parcourent en citadine, d’autres exigent un 4×4 avec une garde au sol généreuse. Faire le bon choix, c’est la condition pour profiter pleinement du pays. Et cette décision se prend bien avant d’atterrir à Juan Santamaría.
Avec 2,68 millions de voyageurs en 2025, selon l’Institut costaricien du tourisme (ICT), le Costa Rica reste l’une des destinations nature les plus prisées d’Amérique centrale. Les voyageurs européens y séjournent en moyenne plus de 17 nuits et dépensent 122 dollars par jour, toujours selon l’ICT. Des séjours longs, qui supposent de couvrir beaucoup de terrain. Air France-KLM a d’ailleurs renforcé sa desserte de San José pour la saison hivernale 2025-2026, signe que la demande française reste soutenue. Mais atterrir à Juan Santamaría ou à Liberia n’est que la première étape. La vraie question se pose dès la réservation de votre location : quel véhicule prendre pour aller où vous voulez aller ?
Un réseau routier à deux vitesses
Le Costa Rica couvre à peine 51 000 kilomètres carrés, mais son réseau routier est l’un des plus contrastés de la région. Les grands axes entre San José, Liberia et les stations balnéaires du Pacifique sont globalement bien entretenus. Dès qu’on s’éloigne des zones urbaines, le tableau change : pistes de terre, nids-de-poule profonds, passages à gué, routes de montagne sans glissière de sécurité. Ce double visage du pays explique pourquoi la catégorie de véhicule la plus louée sur place reste le SUV ou le 4×4, loin devant la citadine classique.
C’est précisément ce paramètre que beaucoup de voyageurs sous-estiment au moment de préparer leur séjour. Ceux qui optent pour une location de voiture au Costa Rica sans avoir étudié leur itinéraire au préalable se retrouvent parfois avec un véhicule inadapté. Trop bas de caisse pour les pistes, trop petit pour les bagages, ou mal assuré pour les terrains non goudronnés. Les tarifs varient de 35 à 60 dollars par jour pour une citadine, contre 60 à 100 dollars pour un 4×4. Un écart qui peut sembler important, mais qui se justifie rapidement selon les zones visitées.
Guanacaste et côte nord du Pacifique : la citadine fait le job
La province de Guanacaste est la grande exception costaricienne. Entre Liberia, Tamarindo, Playas del Coco et le golfe de Papagayo, les routes sont quasiment toutes goudronnées et correctement entretenues. Un SUV compact à deux roues motrices, voire une citadine standard, suffit largement pour couvrir cet itinéraire. Le Hyundai Kona 2WD ou le Geely GX3, tous deux disponibles chez les principaux loueurs locaux, répondent parfaitement aux besoins d’un séjour centré sur les plages du Pacifique nord.
Même constat pour la côte Caraïbe entre Puerto Viejo et Cahuita : la route principale (Route 256) est asphaltée, les accès aux hébergements sont praticables et un 4×4 n’apporte aucune valeur ajoutée sur ce trajet. C’est la zone où économiser sur la catégorie du véhicule est le choix le plus rationnel. Le carburant, affiché autour de 1,37 euro le litre, reste abordable par rapport aux standards européens, ce qui réduit d’autant le coût global du déplacement. Pour les familles voyageant entre Liberia et les plages de la péninsule de Papagayo, un Hyundai Tucson ou un Kia Sportage 2WD représente un bon compromis entre confort, espace de coffre et maîtrise du budget.
Arenal, Monteverde, Osa : là où le 4×4 devient indispensable
Dès que l’itinéraire s’éloigne des côtes pour gagner l’intérieur du pays, les règles changent. La Fortuna et le volcan Arenal restent accessibles depuis les deux aéroports internationaux sur des routes correctement asphaltées et un SUV standard y circule sans difficulté en saison sèche. Mais la liaison entre La Fortuna et Monteverde, l’un des trajets les plus empruntés du Costa Rica, est une autre paire de manches. La portion entre Tilarán et Monteverde mélange sections bétonnées, gravier et montées raides sans glissière. En octobre et novembre, au pic de la saison des pluies, ce tronçon devient souvent impraticable sans quatre roues motrices.
Monteverde dispose désormais de deux accès principaux : la Route 606, entièrement asphaltée jusqu’à Santa Elena depuis les travaux achevés en 2022, et la Route 145 depuis Guanacaste, qui reste partiellement en gravier et exige un véhicule à garde au sol élevée, particulièrement en saison humide. Pour les voyageurs qui prévoient de se garer dans les réserves ou de rejoindre des lodges isolés en altitude, le 4×4 reste la seule option raisonnable.
Enfin, la péninsule d’Osa, au sud-ouest du pays, c’est le cas extrême. Les routes y sont souvent en terre battue, les stations-service rares, et certains hébergements ne sont accessibles qu’en 4×4 à forte garde au sol. Un Suzuki Jimny peut suffire pour un couple avec peu de bagages, mais les familles ou les groupes préféreront un Hyundai Tucson ou un Toyota RAV4 pour absorber les heures de piste sans inconfort. Santa Teresa, sur la péninsule de Nicoya, relève de la même logique : routes en terre, passages de rivières par endroits, et accès à certaines plages réservés aux véhicules surélevés.
